jeudi 18 février 2016

Mini Révolution du Droit au 1er octobre 2016: soyez prêt !

Depuis le 10 février 2016, la face du droit est (partiellement) changée.

En effet, l'ordonnance tant attendue réformant le droit des obligations, des contrats et de la preuve est parue à quelques jours de la fin d'autorisation qu'avait donnée le Parlement au gouvernement (à lire en intégralité ici).

Un bouleversement pour les juristes, ne serait-ce que pour la nouvelle numérotation adoptée: ainsi, le fameux article 1382 du Code Civil se transforme en 1240...Il va falloir s'y faire.

Mais bien évidemment, cette ordonnance ne vient pas seulement toucher la forme, mais aussi le fond.

Ainsi dans le domaine qui nous intéresse, la prévention et le recouvrement des impayés, des dispositions fondamentales sont modifiées.

Délégation de paiement, mise en demeure, compensation, subrogation, preuves...autant d'exemples de dispositions retouchées par l'exécutif et qui demain auront un impact sur la pratique du recouvrement.

Et au-delà, c'est tout le droit des obligations et des contrats qui est modifié.

Exemple emblématique, mais réforme anticipée par de nombreux commentateurs, nous perdons la cause; certains s'en désolent; il faut reconnaître que celle-ci était tombée en désuétude et ne servez presque plus qu'aux étudiants en Droit pour corser l'ordinaire de leurs cas pratiques et commentaires d'arrêt.

Au delà de cet exemple finalement anecdotique, c'est tout le cycle de vie du contrat qui est impacté: de la naissance du contrat (tant sur la bonne foi des cocontractants que sur la volonté de contracter), au contenu de celui-ci (clauses abusives), jusqu'à son exécution.

Vous avez jusqu'au 1er octobre 2016 pour vous préparer à cette révolution; à noter que c'est également à cette date qu'entrera en vigueur la procédure de recouvrement des petites créances dont on attend toujours les décrets d'application (MAJ: Entrée en vigueur de la Procédure de recouvrement des petites créances le 1er Juin 2016).

Contactez-moi pour une formation adaptée à vos enjeux et à votre domaine d'activité: contrats, conditions générales de vente, prévention et recouvrement des impayés, je vous proposerai du sur-mesure.




jeudi 11 février 2016

Vers une meilleure prévention de vos impayés ?

C'est l'avancée que vous pourriez connaître d'ici quelques mois pour la gestion de votre poste clients, avec l'entrée en vigueur du nouvel article L123-6 du Code de commerce (accès en cliquant ici), le premier septembre prochain.

Jusque-là en effet, la récolte des données concernant un client professionnel était parcellaire, incomplète ou payante.

La Loi Macron via son article 60 (ici) va révolutionner partiellement la donne, en donnant à l'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) la mission suivante:  "diffusion et la mise à la disposition gratuite du public, à des fins de réutilisation, des informations techniques, commerciales et financières qui sont contenues dans le registre national du commerce et des sociétés et dans les instruments centralisés de publicité légale" (Nouvel article L411-1 du Code de la Propriété Industrielle à venir au 1er septembre 2016, disponible ici).

Les Greffiers chargés de la tenue du Registre National du Commerce et des Sociétés devront désormais transmettre les informations dont ils disposent pour diffusion par l'INPI.

Les modalités de transmission au public de ces données se feront par voie électronique ou support informatique, avec possibilité de réutilisation desdites données (sous réserve de l'acceptation par l'utilisateur d'une licence).

Demain, vous aurez donc tous les éléments en main pour évaluer par vous-même votre risque clients et définir vos encours.

Si vous souhaitez maîtriser les différents instruments d'évaluation du risque clients et les utiliser simplement mais efficacement , n'hésitez pas à me contacter pour une formation sur mesure. 

mercredi 3 février 2016

La revendication: une procédure efficace, mais technique, pour limiter son risque

A l'occasion d'un récent arrêt de la Cour de Cassation, penchons nous sur une action, efficace mais formaliste, que possède le créancier dans le cadre des Procédures Collectives: la revendication de matériel.

Efficace car elle permet au créancier de récupérer du matériel, de la marchandise non payée par son débiteur, et en conséquence de réduire son risque d'impayé final.

Rappelons ici que 90 % des Procédures Collective se finissent par une Liquidation Judiciaire et donc quasiment systématiquement par une perte sèche pour les créanciers chirographaires.

Formaliste, car oui, ce n'est pas une action facile à mettre en oeuvre: elle connaît de nombreuses chausse-trappes (chaussetrappes pour le clin d'oeil d'actualité...) que ce soit en amont ou lors de sa mise en oeuvre.

Clause contractuelle correctement rédigée, organisation idoine mise en place, réactivité à l'ouverture de la Procédure Collective, distinction avec l'action en continuation (ou non) des contrats en cours, tels sont quelques uns des passages obligés d'une revendication de matériel réussie.

C'est ce que vient nous rappeler la décision de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation en date du 12 Janvier 2016 dont l'intégralité est disponible ici.

En l'espèce, l'administrateur avait acquiescé à la continuation des contrats, mais pas expressément à la revendication des véhicules concernés.

Le créancier avait manifestement déduit à tort de la continuation du contrat, l'acceptation de principe de la revendication (et donc de restitution) à la fin du contrat.

La Cour de cassation vient à juste titre rappeler que, depuis 2009, le point de départ de l'action en revendication n'est pas la fin éventuelle du contrat, mais bien le jugement d'ouverture de la Procédure Collective.

N'hésitez pas à me contacter pour une formation personnalisée et pertinente sur ces thèmes.